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Quels sont les classiques de la littérature africaine à lire absolument ?

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Illustration Keurbook (créée par intelligence artificielle).

En bref : Les grands classiques de la littérature africaine sont pour la plupart parus entre les années 1950 et 1980, autour des indépendances. L'Enfant noir, Le monde s'effondre, L'Aventure ambiguë, Les Soleils des indépendances et Une si longue lettre forment un bon socle pour commencer.

Un classique, c'est un livre qui continue d'être lu longtemps après sa parution, parce qu'il a changé quelque chose : la manière d'écrire, le regard porté sur une société, ou la place d'une voix dans le monde. La littérature africaine en compte beaucoup. La plupart sont nés entre les années 1950 et 1980, au moment où le continent sortait de la colonisation et cherchait à se raconter lui-même. Voici notre sélection, dans l'ordre chronologique.

Les années 1950 : raconter son monde

Les Contes d'Amadou Koumba de Birago Diop (1947) ouvrent la marche. Le vétérinaire sénégalais met par écrit les contes de son enfance, avec Leuk-le-Lièvre et Bouki-l'Hyène. C'est la tradition orale qui entre dans la littérature écrite en français, et un livre que l'on peut lire à tout âge.

L'Enfant noir de Camara Laye (1953) est sans doute le récit d'enfance africain le plus lu. Depuis Paris, l'auteur guinéen se souvient de Kouroussa, de son père forgeron, de sa mère et des rites de passage. Un livre tendre, très accessible, qui reste une porte d'entrée idéale.

Une vie de boy de Ferdinand Oyono (1956) prend le contre-pied : sous la forme du journal d'un jeune domestique camerounais, c'est une satire impitoyable de la société coloniale. Court et mordant, il fait sourire avant de faire grincer des dents.

Le monde s'effondre du Nigérian Chinua Achebe (1958) est souvent présenté comme le roman africain le plus lu au monde. Il raconte la vie d'un village igbo et de son héros, Okonkwo, au moment où arrivent les missionnaires et l'administration britannique. Pour la première fois, la colonisation est racontée de l'intérieur d'une société africaine, avec sa complexité.

Les années 1960 : le temps des indépendances

Les Bouts de bois de Dieu d'Ousmane Sembène (1960) raconte la grande grève des cheminots de la ligne Dakar-Niger, en 1947. Une fresque collective où les femmes jouent un rôle décisif.

Soundjata ou l'Épopée mandingue, transcrite par Djibril Tamsir Niane (1960), fait découvrir la fondation de l'empire du Mali au XIIIe siècle, telle que la racontent les griots. C'est l'équivalent africain des grandes épopées antiques.

L'Aventure ambiguë de Cheikh Hamidou Kane (1961) est un roman philosophique sur un jeune homme partagé entre l'école coranique de son enfance et l'école occidentale. Une question qui n'a rien perdu de son actualité.

Les Soleils des indépendances d'Ahmadou Kourouma (1968) est une révolution de style. L'Ivoirien y plie le français aux tournures du malinké pour raconter la déchéance d'un prince après les indépendances. Refusé par les éditeurs français, le roman paraît d'abord au Canada avant de s'imposer partout.

Le Devoir de violence du Malien Yambo Ouologuem (1968) est le livre qui dérange. Premier roman d'un écrivain africain à recevoir le prix Renaudot, il bouscule l'image d'une Afrique précoloniale idéalisée. Il a ensuite été pris dans une polémique, avant d'être redécouvert.

Les années 1970 et 1980 : de nouvelles voix

Une si longue lettre de Mariama Bâ (1979) est le grand classique au féminin. Une veuve dakaroise écrit à son amie et revient sur la polygamie, le mariage et les espoirs d'une génération de femmes instruites. Le livre a reçu en 1980 le prix Noma, l'un des grands prix littéraires africains de l'époque.

La Vie et demie du Congolais Sony Labou Tansi (1979) invente un pays imaginaire dirigé par un dictateur ubuesque. Baroque, violent et drôle, c'est l'un des grands romans sur la folie du pouvoir après les indépendances.

Comment les lire ?

Inutile de tout lire d'un coup, ni dans l'ordre. Si vous débutez, commencez par L'Enfant noir ou Une si longue lettre, deux livres courts et accessibles. Si vous aimez les grandes histoires, enchaînez avec Le monde s'effondre. Si vous aimez qu'un livre vous bouscule, tentez Les Soleils des indépendances ou Le Devoir de violence.

Ces livres dialoguent aussi avec des œuvres plus récentes. Mohamed Mbougar Sarr, par exemple, s'inspire de l'histoire de Ouologuem dans La plus secrète mémoire des hommes : voir Qui est Mohamed Mbougar Sarr ?. Et si vous cherchez une sélection plus courte, lisez Par quel livre commencer pour découvrir la littérature africaine ? ou, pour les adolescents, Quels romans africains lire au lycée ?.

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