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Quels écrivains africains ont reçu le prix Nobel de littérature ?

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Illustration Keurbook (créée par intelligence artificielle).

En bref : Quatre écrivains d'Afrique subsaharienne ont reçu le prix Nobel de littérature : le Nigérian Wole Soyinka en 1986, les Sud-Africains Nadine Gordimer en 1991 et J. M. Coetzee en 2003, et le Tanzanien Abdulrazak Gurnah en 2021. Aucun écrivain d'Afrique subsaharienne écrivant en français ne l'a encore obtenu.

Chaque année, en octobre, l'Académie suédoise annonce le nom du lauréat du prix Nobel de littérature, la récompense littéraire la plus prestigieuse au monde. Depuis sa création en 1901, plus de cent vingt écrivains l'ont reçu. Parmi eux, seulement quatre écrivains d'Afrique subsaharienne. Voici qui ils sont et par quels livres les découvrir.

1986 : Wole Soyinka, le premier

Le Nigérian Wole Soyinka est le premier écrivain africain à recevoir le prix Nobel de littérature, en 1986. Né en 1934 à Abeokuta, dans le sud-ouest du Nigeria, dans une famille yoruba, il est avant tout un homme de théâtre, mais aussi poète, romancier et essayiste.

Son œuvre mêle les mythes yoruba et les formes du théâtre européen. Sa pièce la plus célèbre, La Mort et l'Écuyer du roi, se déroule au temps de la colonisation britannique. Pour une première lecture, son récit d'enfance Aké, les années d'enfance est une porte d'entrée vivante et accessible.

Soyinka est aussi un homme engagé. Emprisonné pendant la guerre du Biafra, contraint plus tard à l'exil sous la dictature militaire, il n'a jamais cessé de défendre la liberté d'expression. Il s'est d'ailleurs moqué de la négritude, qu'il jugeait trop occupée à se proclamer : voir Qu'est-ce que la négritude ?.

1991 : Nadine Gordimer, contre l'apartheid

La Sud-Africaine Nadine Gordimer (1923-2014) reçoit le prix en 1991, l'année même où les dernières grandes lois de l'apartheid sont abolies. Toute son œuvre explore les effets de la ségrégation raciale sur les individus, les couples et les familles. Plusieurs de ses livres ont été interdits par le régime, comme Fille de Burger (1979), sur la fille d'un militant communiste. Ceux de July (1981) imagine une famille blanche obligée de se réfugier chez son domestique noir, en pleine guerre civile.

Ses romans ne figurent pas encore sur Keurbook, mais ils sont disponibles en français.

2003 : J. M. Coetzee, l'écrivain du malaise

J. M. Coetzee, né au Cap en 1940, est le deuxième Sud-Africain récompensé. Avant le Nobel, il avait été le premier écrivain à recevoir deux fois le Booker Prize, en 1983 pour Michael K, sa vie, son temps et en 1999 pour Disgrâce.

Disgrâce est la meilleure porte d'entrée. Un professeur du Cap, chassé de l'université après un scandale, se réfugie dans la ferme de sa fille, dans l'Afrique du Sud d'après l'apartheid. Le roman, sobre et dérangeant, interroge la culpabilité, la violence et ce que signifie vivre ensemble. Coetzee vit aujourd'hui en Australie. Pour découvrir les autres auteurs du pays, consultez la page Afrique du Sud.

2021 : Abdulrazak Gurnah, l'écrivain de l'exil

Abdulrazak Gurnah est né en 1948 à Zanzibar, aujourd'hui en Tanzanie. Il arrive en Angleterre en 1968, à la suite des violences qui ont suivi la révolution à Zanzibar, et y fait toute sa carrière, comme romancier et professeur de littérature. Il écrit en anglais.

L'Académie suédoise a salué une œuvre qui explore les effets du colonialisme et le destin des réfugiés, entre les cultures et les continents. Son roman Paradis (1994), qui se passe en Afrique de l'Est au début du XXe siècle, est sans doute le meilleur point de départ. Ses livres, longtemps difficiles à trouver en français, ont été réédités ou traduits après le Nobel, comme Près de la mer et Adieu Zanzibar.

Et les autres ?

Le prix Nobel a aussi été attribué à des écrivains liés à l'Afrique sans être du périmètre de Keurbook. L'Égyptien Naguib Mahfouz l'a reçu en 1988 : premier écrivain de langue arabe récompensé, il vient d'Afrique du Nord, hors de l'Afrique subsaharienne. La Britannique Doris Lessing, Nobel 2007, a grandi en Rhodésie du Sud, l'actuel Zimbabwe, qui a nourri ses premiers livres.

D'autres grands noms ont longtemps été cités comme favoris sans jamais l'obtenir. C'est le cas du Nigérian Chinua Achebe, mort en 2013, dont Le monde s'effondre reste le roman africain le plus lu, ou du Kényan Ngũgĩ wa Thiong'o, mort en 2025, dont on peut lire les souvenirs d'enfance dans Rêver en temps de guerre.

Enfin, aucun écrivain d'Afrique subsaharienne de langue française n'a encore reçu le Nobel de littérature. Mais les grands prix français ont, eux, largement récompensé ces auteurs ces dernières années, du Goncourt de Mohamed Mbougar Sarr au Renaudot de Gaël Faye : voir Quels auteurs africains ont reçu le prix Goncourt ou le Renaudot ?.

Par où commencer ?

  • Pour un roman fort et court : Disgrâce de J. M. Coetzee.
  • Pour le théâtre et l'enfance au Nigeria : Wole Soyinka, avec Aké, les années d'enfance.
  • Pour l'exil et l'Afrique de l'Est : Paradis d'Abdulrazak Gurnah.
  • Pour l'Afrique du Sud de l'apartheid : Fille de Burger de Nadine Gordimer.

Pour aller plus loin, découvrez aussi les autres grands prix littéraires remportés par des auteurs africains.

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