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Qui est Marie NDiaye ?

Illustration Keurbook (créée par intelligence artificielle).

En bref : Marie NDiaye est une romancière et dramaturge française née en 1967 à Pithiviers, d'un père sénégalais et d'une mère française. Publiée dès dix-sept ans, elle a reçu le prix Femina en 2001 pour Rosie Carpe et le prix Goncourt en 2009 pour Trois femmes puissantes. Son œuvre, précise et troublante, parle de familles, d'exclusion et de la honte des origines.

Lire Marie NDiaye, c'est entrer dans un monde qui ressemble au nôtre, avec ses lotissements, ses cabinets d'avocats et ses repas de famille, mais où quelque chose cloche toujours un peu. Une femme se change en bûche, un homme n'est jamais tout à fait celui qu'on croit, une parente refuse de vous reconnaître. Depuis quarante ans, elle construit une œuvre à part, saluée par les plus grands prix. Voici l'essentiel à savoir.

Une écrivaine précoce

Marie NDiaye est née en 1967 à Pithiviers, dans le Loiret, d'une mère française et d'un père sénégalais. Ce dernier repart en Afrique alors qu'elle est toute petite, et elle grandit avec sa mère et son frère en banlieue parisienne, loin du Sénégal. Ce père absent traverse plusieurs de ses livres.

Elle écrit très jeune. Lycéenne, elle envoie un manuscrit aux Éditions de Minuit, et leur directeur, Jérôme Lindon, décide de la publier : Quant au riche avenir paraît en 1985, quand elle a dix-sept ans. On y suit les pensées d'un adolescent orphelin qui s'interroge sans fin sur l'amour et sur la vie qui l'attend. Deux ans plus tard, Comédie classique tient tout entier en une seule phrase.

L'étrangeté au cœur du quotidien

Très vite, Marie NDiaye trouve son territoire : des familles où l'on ne s'aime pas comme il faudrait, des personnages rejetés sans qu'on sache pourquoi, et un fantastique discret qui surgit au milieu du réel. Dans La Sorcière (1996), une mère de famille d'un lotissement de province tente de transmettre ses petits pouvoirs à ses jumelles, bien plus douées qu'elle. C'est drôle, inquiétant et très accessible.

Avec Rosie Carpe, elle reçoit le prix Femina en 2001. Rosie, jeune mère qui semble ne plus maîtriser sa vie, part en Guadeloupe rejoindre son frère, et rien ne se passe comme prévu. Le roman installe ce trouble qui fait sa marque : le lecteur ne sait jamais très bien ce qui est vrai.

Une grande dramaturge

Marie NDiaye écrit aussi pour le théâtre. En 2003, sa pièce Papa doit manger entre au répertoire de la Comédie-Française. On y voit un père revenu après dix ans d'absence, sûr de son bon droit, face à une famille qui n'a aucune envie de l'accueillir.

Elle a également écrit plusieurs livres pour la jeunesse, comme La Diablesse et son enfant, un conte doux et grave sur la peur de l'autre, et coécrit des scénarios de films, dont White Material de Claire Denis et Saint Omer d'Alice Diop.

Le Goncourt pour Trois femmes puissantes

En 2009, Trois femmes puissantes reçoit le prix Goncourt. Le livre réunit trois récits, entre la France et le Sénégal. Norah, avocate à Paris, rejoint à Dakar un père qui l'a toujours tenue à distance. Fanta a suivi son mari en France, et c'est par les yeux de cet homme qu'on découvre leur couple. Khady, jeune veuve, est poussée sur les routes de l'exil.

Aucune de ces femmes n'est « puissante » au sens habituel : elles sont humiliées, abandonnées, menacées. Leur force, c'est de rester dignes, de garder en elles une part que personne ne peut atteindre. Le livre a été un grand succès et reste sa meilleure porte d'entrée. Il figure dans notre article Quels auteurs africains ont reçu le prix Goncourt ou le Renaudot ?.

Des romans sur la honte et la mémoire

Les livres suivants creusent les mêmes questions. Dans Ladivine (2013), Clarisse cache à son mari et à sa fille l'existence de sa mère, une femme de ménage noire qu'elle va voir en secret une fois par mois. Le roman suit trois générations de femmes liées par ce secret. Dans La vengeance m'appartient (2021), une avocate de Bordeaux est chargée de défendre une mère accusée d'un crime terrible, et croit reconnaître dans le mari un garçon croisé dans son enfance.

Ses phrases sont longues, précises, d'une grande élégance, et elle y place souvent un détail qui fait tout basculer. On parle peu du racisme de façon directe dans ses livres, mais il est là, dans les regards, les silences et les places assignées.

Par où commencer ?

Commencez par Trois femmes puissantes : c'est son livre le plus connu, et chacun des trois récits peut se lire séparément. Si vous préférez un roman plus court et plus léger, La Sorcière est une excellente découverte. Les amateurs de théâtre liront Papa doit manger, et les plus jeunes La Diablesse et son enfant.

Marie NDiaye fait partie des écrivaines présentées dans Qui sont les grandes autrices africaines d'aujourd'hui ?. Retrouvez tous ses livres présents sur Keurbook sur sa fiche auteur.

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